5.2.06

Printemps d'hiver

Le bon , le bel épuisement.
Une parenthèse d'une semaine à penser à autre chose, à être dépaysée.
Toujours poursuivie par moi-même malgré tout. Impossible de parler aux hommes, et le coeur arraché chaque fois que je croise ce type qui ressemble, qui renvoit, le même, dans 10 ans peut-être, beau, creusé, loin, et la colère qui reflue ponctuellement et me crève de l'intérieur comme un ballon rempli d'eau.
Aphasie.
Les mots ne sortent pas. Contact, lien. Je n'y arrive pas. Je ne trouve pas d'excuse qui ne me dévoile et celà me rend d'autant plus transparente. Transparente.
Je pensais : ce gars-là, cet étranger, ce serait facile, un ou deux jours, ça n'engage à rien. Et puis un étranger quoi, on se comprend mal, si facile de projeter, des petits bouts de bonheur, me dit mon hôte. Cet étranger il me faisait un peu peur, avec son corps trapu et brutal, mais il y avait dans son visage quelque chose de fondamentalement inoffensif, et puis un outsider, seul sur le côté quand moi aussi. Mais je ne sais plus parler aux étrangers, et je ne sais pas parler aux gens qui m'intéressent. Alors rien. Rien. Je me suis enfuie à la première occasion, de terreur.
I wish.
Je n'aurais pas été capable, de toute façon. La panique me prend rien qu'à y penser.
Et voilà que les yeux bleus viennent peupler un rêve, hors contexte, incongru là-bas, il me disait des choses tendres et frottait sa joue contre mes genoux. Au réveil un sentiment de réalité amère, parce qu'un rêve, quoi. Je dois faire attention, moi, à ne pas me faire entraîner à croire que les rêves révèlent une part cachée de réel. Ne pas croire que ces choses douces m'apparaissent parce qu'elles peuplent sa tête et non la mienne.