19.2.06

Ventre creux

Autour des pupilles une couronne d'or avant de plonger au bleu.
Impossible de l'approcher à moins de forcer le passage. Des fois il s'ouvre et la plupart du temps il est clos comme une huître. Je suppose que c'est l'expression ultime de la liberté. Lui seul a le choix. Ce n'est pas la première fois, finalement, que je me heurte à ce genre de muraille. Toujours pourtant j'ai envie de m'y jeter. Contre les murs on ne gagne que des bleus (au coeur). Je me dis que j'arrête mais je n'apprends jamais.

Des mots des mots une source infime (anecdotique) je mourais de faim on me donne à boire et voilà, c'était ça en fait j'avais soif. J'ai le coeur plus léger. Léger comme une plume. J'abandonne, je laisse les cas désespérés au désespoir. Les yeux bleus, les yeux de loup, je laisse tout ça derrière. Un jour tout sera clair. Les fantômes, du passé, du présent, aux limbes. Elle a dit - un jour tout sera clair. Un jour. Moi qui ne crois en rien je me raccroche à ses mots, ses mots de croyante, ses mots irrationnels, elle a tant de foi, je veux bien croire qu'elle peut déplacer des montagnes.

On m'a donné des mots à mettre sur le monde. L'autre avec son pull vert, il a défait le masque, il m'a écarté de moi, et je peux, je crois, abandonner le passé. Ce n'était pas bon. Ce n'était pas ce qu'il fallait. Un jour tout sera simple, elle m'a dit. Et elle ses yeux sont d'or. Tout entiers.